lundi 30 novembre 2015

Fin des devoirs sur la séquence "Théâtre"




Pour mercredi 2 décembre
Préparer la lecture analytique du dénouement, de "Bérénice, se levant. Arrêtez. Arrêtez." à "...Hélas !".


Pour jeudi 3 décembre
Finir de préparer le plan détaillé de la dissertation sur Titus, un personnage tragique, et rédiger complètement deux ou trois arguments.


Lundi 7 décembre
Avoir lu et venir en classe avec OEdipe Roi de Sophocle, éditions Petits Classiques Larousse, et venir avec La Machine infernale de Cocteau (si vous l'avez lue, c'est encore mieux !).


Mercredi 9 décembre
Venir en classe avec le manuel !


Jeudi 10 décembre et Lundi 14 décembre
Venir en classe avec le Cahier d'exercices BORDAS.


Jeudi 17 décembre
Interrogation bilan sur les deux premières séquences, sur la comédie et la tragédie classiques (Le Tartuffe, Molière et Bérénice, Racine).


VACANCES

Lundi 4 janvier
Répondre aux questions sur corpus et faire l'un des exercices d'écriture (au choix) dans le manuel, p.223 à 226 (à rendre).




*

mercredi 18 novembre 2015

Quelques devoirs...




Pour jeudi 19 
Rechercher les étapes de construction de la pièce Bérénice : exposition / dévoilement du nœud de l'action / péripéties / dénouement.

Mercredi 25
Recherchez toutes les figures de style et analysez leurs effets dans la tirade de Bérénice, vers 1103 à 1121 ("Hé bien régnez, cruel...")

Lundi 30
Matthieu proposera un exposé sur Jean Racine, ses tragédies et en particulier sur Bérénice (histoire dont la pièce s'inspire, présentation des personnages, réception au XVIIe siècle, postérité dans les siècles, etc.).


Corrigé de la question sur Bérénice, IV, 5




Bérénice, Acte IV scène 5

Quel est la tonalité dominante de cette scène ?
(Merci aux copies d'Amélie, Anna et Domitille !)


            Dans l’acte IV scène 5, Titus se décide enfin à annoncer à Bérénice qu’il choisit l’empire plutôt que leur amour. La déception de Bérénice est immense, et les deux personnages se retrouvent dans une situation tout à fait tragique : confrontés à une décision qui paraît les dépasser, ils subissent semblent-ils l’un et l’autre cette séparation qui les mène à un malheur irrémédiable. La scène fait alterner différentes tonalités : pathétique, tragique mais aussi élégiaque.

            Tout d’abord, nous pouvons relever une tonalité pathétique, liée à la souffrance que subissent les deux personnages. En effet, durant cette scène, Titus annonce à Bérénice qu’il a préféré choisir l’honneur à l’amour ; les deux personnages souffrent énormément de ce choix, comme le prouve la répétition de l’adjectif « cruel » : « un trouble assez cruel m’agite et me dévore » (v.1047), ou encore « combien ce mot cruel est affreux quand on aime » (v. ?). Ces deux passages qui développent le champ lexical de la douleur nous montrent la souffrance des deux personnages. On retrouve par ailleurs le dilemme du personnage qui doit choisir entre le devoir, comme le prouve la répétition de ce terme associé au terme « gloire », et l’amour. Ce dilemme est source de souffrance, car aucun des choix n’offre de bonheur possible. Ainsi, cette scène propose bien un registre pathétique.

            Par ailleurs, nous pouvons relever une tonalité plus fortement tragique. En effet, ni Titus ni Bérénice ne choisissent leur avenir et ils sont totalement désarmés, comme le prouvent les vers 1116 et 1117 : « Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice / Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ». Ce chiasme désigne l’opposition entre Titus et Bérénice, qui ne pourront plus jamais se revoir, subissant ainsi une fatalité qui les dépasse, et qui les précède ; on relève en effet la répétition de la locution temporelle « dès longtemps » aux vers 1179 et 1180 qui va dans ce sens. De plus, le lexique de la mort et de la douleur nous montre que le registre est tragique ; on relève les termes « craindre » (v.1132), « détruire » (v.1087), « sang » (v.1141), « pleurs (v.1146), « déchirer » (v.1152) et enfin « barbarie » (v.1175), ainsi que la répétition du terme « Adieu » à plusieurs reprises. Enfin, les nombreuses exclamatives et interrogatives telles « Ah ciel ! » (v.1148) ou « N’avez-vous pas les vôtres ? » (v.1151) traduisent les fortes émotions qui animent les personnages et insistent sur le côté tragique de cette scène, en montrant le déchirement profond des deux amants qui ne choisissent pas leur destin.

            Enfin, le texte relève également d’une tonalité plaintive et mélancolique, empreinte de douceur et de tendresse, caractéristique du registre élégiaque. En effet, les personnages partagent leur amour et leur bonheur impossible, ainsi que le regret provoqué par la perte irréversible de la personne aimée. Ainsi, les deux personnages utilisent à plusieurs reprises le terme « pleurs », sous forme nominale ou verbale. De plus, autant Bérénice que Titus vont évoquer leur amour passé ou devenu impossible. Enfin, la répétition d’apostrophes telles que « Hélas ! » (v.1030 et 1153) ou « Adieu ! » traduisent bien cette tonalité élégiaque.

            Ainsi, cette longue scène voit alterner trois registres principaux, pathétique, tragique et élégiaque, qui viennent rendre compte de la douleur des deux personnages, contraints de se quitter pour des raisons qui paraissent les dépasser. Ils subissent en effet un destin dont ils ne sont pas les maîtres, et partagent dans ces célèbres vers leur souffrance.

lundi 16 novembre 2015

Comment définir un héros tragique ?




Corrigé de la question sur corpus sur le héros de tragédie (manuel p.194/195)




INTRO : [Accroche] La tragédie prend naissance vers le VIe siècle avant Jésus-Christ, en Grèce, lors des Grandes Dionysies, fêtes en l’honneur du dieu Dionysos. Au XVIIe siècle, des dramaturges comme Corneille ou Racine reprennent les grandes règles du genre, et créent des personnages tragiques répondant à des caractéristiques précises. [Reprise de la question] Comment définir un héros de tragédie classique ? [Annonce du plan liée à la présentation RAPIDE du corpus] En nous basant sur des extraits du Cid de Corneille, et de Britannicus et Phèdre de Racine, nous étudierons dans un premier temps le piège et les obstacles auxquels le héros est confronté, puis la puissance supérieure qui s’abat sur chacun des personnages, et enfin le pathétisme caractéristique de ces héros.

[Argument 1] Tout d’abord, nous pouvons observer que les trois personnages sont confrontés à des obstacles venus, les uns de l’extérieur, les autres, d’eux-mêmes. L’amour de Rodrigue pour Chimène est empêché par le conflit d’honneur qui oppose leurs deux pères. Junie n’est pas libre d’aimer l’homme qu’elle souhaite, Néron s’impose à elle. L’obstacle à l’amour de Phèdre est le fait que son amant soit le fils de son mari. Ce qui rend chaque situation tragique, c’est que le héros se sent piégé, englué dans un problème insoluble qui ne peut que le mener à sa perte. Quel que soit son choix, il sera mauvais et aura des conséquences néfastes pour lui ou un être cher (Chimène ou Dom Diègue, Octavie, Hippolyte ou Thésée). Ce sont tous les efforts, toutes les stratégies qu’il mettra en place pour tenter de sortir, souvent en vain, de cette impasse qui constituent le nœud de la tragédie.

[Argument 2] Par ailleurs, chaque personnage est sous le coup d’une puissance supérieure : son père pour Rodrigue, l’empereur Néron pour Junie, la déesse de l’amour, Vénus, pour Phèdre. Ces puissances exercent une violence sur le héros : Rodrigue se décrit comme un « malheureux objet » (v. 4), soumis à un coup mortel (v. 2 et 6) ; Junie a été enlevée, traitée « comme une criminelle » (v. 3) ; Phèdre, par une métaphore et une série d’allitération en [t] et d’assonances faisant entendre la stridence du son [i], montre Vénus acharnée sur elle, « tout entière à sa proie attachée » (v. 4). Cette violence est autant psychologique que physique.

[Argument 3] Enfin, nous remarquons que les personnages sont pathétiques : ils suscitent la pitié. Ils utilisent un vocabulaire hyperbolique et le champ lexical de la souffrance pour décrire leurs sentiments : « mon âme abattue », « l’étrange peine » de Rodrigue ; Junie est une « fille […] qui dans l’obscurité nourrissant sa douleur » évoque son « malheur ». La vulnérabilité de cette jeune fille vouée au malheur est suggérée dans la mise en scène par la posture d’effroi qu’adopte R. Brakni, les bras repliés sur elle pour se protéger de Néron qui lui tourne autour dans l’ombre. Elle n’ose le regarder en face, le surveille derrière elle. Sa robe, qui lui dénude les bras et le cou, insiste aussi sur cette image de vierge offerte en sacrifice. Enfin, Phèdre parle de suicide : « j’ai pris la vie en haine […] je voulais en mourant dérober au jour une flamme si noire ». C’est sans doute celle qui est la plus désespérée, elle se fait horreur. Dans chaque texte, la structure des alexandrins, les procédés poétiques renforcent la plainte des héros. L’alternance des alexandrins, des décasyllabes et des hexasyllabes crée un rythme saccadé avec des ruptures brutales comme le vers 6 du texte 1, « cède au coup qui me tue ». Au contraire, la réplique de Junie est construite sur de longues phrases comportant des enjambements et de nombreuses subordonnées relatives, qui soulignent ses précautions oratoires, expression de sa terreur. Dans l’extrait de Phèdre, ce sont les allitérations en [R] et [s] qui mettent en écho les mots exprimant le tourment : « terreur », « horreur », « mourant », « gloire », « dérober », « noire ».

CONCLU : [Conclusion bilan] Un héros tragique est donc mis face à des situations inextricables, qui lui sont imposées par une autorité supérieure (père, roi), un dieu (Vénus) ou un code d’honneur qu’il s’impose, les deux causes pouvant s’associer (Rodrigue). Face à des choix inconciliables, le héros s’efforce de trouver une issue, mais la fin est souvent fatale : on peut, pour en convaincre les élèves, leur faire rechercher la fin des trois tragédies présentées. Ces héros sont pathétiques dans leurs tentatives vaines pour échapper à ce qu’on veut leur imposer.

vendredi 13 novembre 2015

Rédiger une partie de commentaire



Voici la copie quasi à l'identique de Jeanne J., portant sur la scène 4 de l'acte I du Tartuffe.
Prenez-en de la graine !!!




Corrigé acte I, scène 4, l’apparition d’Orgon
Première partie du commentaire

           

            [annonce de l’axe principal] Dans un premier temps, nous allons étudier en quoi le dialogue de cette scène est comique. [annonce des sous-parties] Pour cela, nous allons d’abord analyser l’attitude d’Orgon. Ensuite, nous nous intéresserons aux procédés utilisés par Molière, en particulier à l’alternance comique des propos d’Orgon. Pour finir, nous verrons que ce dialogue est un dialogue de sourds, qui s’appuie sur un comique de situation dans un registre satirique.
            [reprise du 1er argument / 1e sous-partie] Tout d’abord, nous allons étudier en quoi l’attitude d’Orgon est comique. [étude du texte et des procédés] Dès son retour, contrairement à ce que le spectateur pouvait attendre, Orgon ne s’intéresse pas du tout à sa femme, mais est uniquement préoccupé par Tartuffe. La répétition de l’interrogative « Et Tartuffe ? » (v. 234, 237) le montre bien. Dorine a beau énumérer les maux dont a souffert Elmire, « la fièvre » (v.231), « mal de tête » (v.232), « un grand dégoût » (v.235), Orgon n’y prête aucune attention. Même l’usage des hyperboles « mal de tête étrange à concevoir » (v.232), « douleur (…) cruelle » (v.237) ne l’atteint pas. [interprétation des procédés] Tous ces éléments qui montrent le décalage entre l’obsession d’Orgon pour Tartuffe et son indifférence pour sa femme créent un effet comique.
[reprise du 2er argument] A présent,notre étude va porter sur l’alternance comique entre les nouvelles de la mauvaise santé d’Elmire et celles sur la très bonne santé de Tartuffe. [étude du texte et des procédés] Molière oppose le champ lexical de la douleur pour parler de sa femme : « fièvre » (v.231), « mal de tête » (v.232), « dégoût » (v.235), « douleur » (v.237), à celui du plaisir pour parler de Tartuffe ; on peut relever « à merveille » (v.233), « teint frais » (v.234) ou même celui de la gourmandise : « gros et gras » (v.234) ou encore l’expression « deux perdrix » (v.239). L’opposition est accentuée par l’utilisation d’un comique de répétition, dans les phrases interrogatives (« Et tartuffe ? » aux vers 233, 234, 237, 238) et exclamative (« Le Pauvre homme ! », v. 234, 241) employées par Orgon. [interprétation des procédés] Cette alternance de dialogues rend Orgon ridicule, c’est donc un procédé efficace pour déclencher le rire.
Enfin, nous nous intéresserons au dialogue de sourds que la scène met en place. Dorine parle beaucoup tandis qu’Orgon exprime ses émotions par de courtes interrogatives et exclamatives, « Et Tartuffe ? » et « Le pauvre homme ! », qui ne correspondent pas du tout au contenu des propos de Dorine. C’est bien le signe que ce qu’elle dit ne l’intéresse pas du tout. On remarque aussi un comique de situation ; en effet, même lorsque Dorine se moque ouvertement de son maître, il ne s’en rend pas compte. C’est très drôle car la servante prend le dessus sur son maître, qui est totalement aveuglé par son obsession pour Tartuffe. Elle se permet d’ailleurs d’aller très loin dans sa critique du faux dévot, le qualifiant de « gros et gras » (v. 235), rappelant qu’il a mangé plus que de raison (« deux perdrix / […] et une moitié de gigot en hachis » v.238/240) et en agissant égoïstement, puisqu’il était « tout seul, devant elle », opposant ainsi la figure de Tartuffe à celle d’Elmire, sans qu’Orgon réagisse. Indirectement, il est donc lui aussi victime de son ironie ; on est proche ici du registre satirique. Ainsi, le dialogue entre Orgon et Dorine est bien un dialogue de sourds, qui nous permet de rire aux dépends d’Orgon.
[bilan de la 1e grande partie et transition vers la 2e grande partie] Molière crée donc un dialogue comique en jouant avec l’attitude des personnages Orgon et Dorine, le décalage des répliques, et une tonalité satirique. On rit ici à la fois de la vivacité du dialogue, et du ridicule d’Orgon. Nous allons à présent nous pencher sur le rôle joué par Dorine dans cette scène.

lundi 2 novembre 2015

Devoirs jusqu'au 16 novembre







Mercredi 4 novembre
Propositions de mises en scène pour l’acte V, scène 4 de Tartuffe.


Jeudi 5 novembre
Absente (en formation).


Lundi 9 novembre

Interrogation de lecture à l’oral sur George Dandin de Molière et Bérénice de Racine.

+ Lire les documents suivants, et répondre à la question en suivant la méthode de la question sur corpus (c’est-à-dire en confrontant les textes) : « En vous appuyant sur ces textes, comment définiriez-vous un héros tragique ? »
·         Corneille, Le Cid (manuel p.194)
·         Racine, Britannicus (manuel 194)
·         Racine, Phèdre (manuel p.195)
·         Britannicus de J. Racine, mise en scène de Brigitte Jacques-Wajeman, 2004 (p.195)


Lundi 16 novembre
Lire le passage de confrontation entre Titus et Bérénice, acte IV, scène 5, en préparant une lecture à voix haute à deux élèves, et répondre à la question suivante :
·         Quelle est la tonalité dominante de cette scène (le registre) ? Vous répondrez en vous appuyant sur des extraits précis.


dimanche 4 octobre 2015

Corrigé du contrôle de lectures estivales




1.     MOLIERE, L’Ecole des Femmes                                                                              (/ 7 points)

1.      Qu’est-ce que l’Illustre Théâtre ?           / 0,5
Nom de la troupe fondée en 1643 par Molière.
2.     Comment la pièce L’Ecole des Femmes a-t-elle été reçue lors des premières représentations ? /1,5
La pièce est créée avec succès en 1662 au Théâtre du Palais-Royal, mais provoque dès le début de vives réactions (ou querelle). Les opposants dénoncent les invraisemblances, le plagiat, les attaques à la bienséance et à la religion.
Molière répond à ses détracteurs en publiant en 1663 La Critique de l’Ecole des femmes et L’Impromptu de Versailles.
3.     Expliquez pourquoi Arnolphe se fait appeler M. de la Souche. Qu’est-ce que ce choix révèle sur la personnalité de cet homme ? / 2
Arnolphe se fait appeler ainsi pour deux raisons. Cela lui permet de cacher sa véritable identité (aux yeux d’Horace notamment) et cela lui permet de s’anoblir. Ce nom d’emprunt satisfait son ambition sociale et révèle  un caractère orgueilleux. Toutefois, le ridicule d’Arnolphe apparaît à travers le choix de ce nom : le terme « souche » évoque un arbre mort représentant le côté passéiste du personnage.

4.      A la lecture de cette œuvre, que peut-on déduire du regard que porte Molière sur l’éducation des jeunes filles à son époque ? / 3
Molière porte un regard critique sur l’éducation des jeunes filles à son époque.
Tout d’abord, il met en lumière le fait que les jeunes filles sont placées dans des couvents où elles sont maintenues dans une certaine ignorance.
« Dans un petit couvent, loin de toute pratique,
Je la fis élever selon ma politique,
C’est-à-dire ordonnant quels soins on emploierait
Pour la rendre idiote autant qu’il se pourrait. » I, 1 vers 135 à 138

Puis à travers les paroles d’Arnolphe, Molière exprime l’opinion de ses contemporains sur l’éducation des jeunes filles :
« Et c’est assez pour elle, à vous en bien parler,
De savoir prier Dieu, m’aimer, coudre et filer. » I, 1 vers 101-102

L’évolution du personnage d’Agnès, passant de la jeune fille ingénue à la jeune femme réfléchie, reflète les idées de Molière sur l’éducation des femmes. En effet, ce dernier souhaite prendre part au débat animant le XVIIe siècle sur la place des femmes dans la société. Les précieuses discutent grandement de l’égalité des sexes, du droit à la culture et du mariage d’amour pour les femmes. D’ailleurs si Molière s’est parfois moqué du côté excessif de celles-ci, le titre-même de sa pièce L’Ecole des femmes, ne peut que refléter sa volonté de montrer qu’il soutient leur combat.
Emile ZOLA, Germinal                                                                                                        (/ 8 points)
5.     Sur Zola : Sous quel nom Zola a-t-il rassemblé la plupart de ses romans ? Citez un autre roman appartenant à cette fresque littéraire. / 1
Fresque littéraire : les Rougon Macquart

1.     La Fortune des Rougon (1871)
2.     La Curée (1872)
3.     Le Ventre de Paris (1873)
4.     La Conquête de Plassans (1874)
5.     La Faute de l'abbé Mouret (1875)
6.     Son Excellence Eugène Rougon (1876)
7.     L'Assommoir (1877)
8.     Une page d'amour (1878)
9.     Nana (1880)
10.   Pot-Bouille (1882)
11.   Au Bonheur des Dames (1883)
12.   La Joie de vivre (1884)
13.   Germinal (1885)
14.   L'Œuvre (1886)
15.   La Terre (1887)
16.   Le Rêve (1888)
17.   La Bête humaine (1890)
18.   L'Argent (1891)
19.   La Débâcle (1892)
20.   Le Docteur Pascal (1893)


6.     Sur l’œuvre : Qu’est-ce que le Voreux ? Pourquoi ce nom ? / 1,5
Le Voreux est le nom attribué à la mine : la fosse à laquelle se rendent chaque jour les mineurs, située dans le nord de la France, près de Marchiennes (0.5 )
Ce nom a été choisi par Zola, sans doute parce que le lieu engloutit les hommes, telle la gueule monstrueuse d’une bête VOR-ace qui dé-VORE des êtres de chair et d’os. Le monstre déVORateur ne restitue pas toujours ce qu’il a pris… (1pt)

7.     Donnez pour chaque définition du tableau le terme qui lui correspond dans la liste ci-dessus. / 1,5
SOUFFLARD : Jet violent de grisou s’échappant d’une fissure.
GALIBOT : Jeune manœuvre.
PORION : Responsable d’une ou deux tailles dans la mine.
SILICOSE : Maladie des mineurs, due à l’inhalation de la poussière de silice.
HERCHER ou HERSCHER (inv.) : Pousser un wagonnet dans la mine.
BOISEUR : Ouvrier qui renforce les galeries des mines.

8.     En quoi le personnage d’Etienne Lantier évolue-t-il au cours du roman ? / 2
Vous justifierez votre point de vue à l’appui d’exemples précis tirés de l’œuvre.
NB : identité du personnage :
C’est le fils de Gervaise Macquart et de son amant, Auguste Lantier (ouvrier tanneur à Plassans, dans le midi). Après avoir été abandonnée par Lantier, Gervaise se console en épousant Coupeau, un ouvrier zingueur, qui maltraite souvent l'enfant.
A 12 ans, Etienne est employé comme apprenti dans une fabrique de boulons, puis, est, par la suite, envoyé à Lille comme mécanicien. Lorsqu'il apparaît dans Germinal, Etienne a 21 ans. Il erre depuis huit jours sur les routes du Nord à la recherche d'un travail. Il vient alors de Lille où il a été renvoyé de son travail de mécanicien pour avoir giflé son chef.
Une figure d’étranger
Au début du roman, Etienne fait donc figure d’étranger tout récemment arrivé. Il ne connaît pas le pays et nous apparaît solitaire et désoeuvré, à la recherche d’un emploi. Dans la mine où il est rapidement embauché, il se montre d’abord maladroit dans le maniement de la berline.
Il pense ne jamais s’adapter et quitter le pays mais l’excipit de la première partie nous le montre en pleine contemplation du Voreux et des alentours. Il prend la décision de rester. Déjà le souffle de la (future) révolte l’anime et le guide, préparant la suite.
L’un des bons herscheurs de la fosse
Peu à peu, à la faveur de départs ou autre, il prend du galon dans la mine et s’affirme. « Au bout de trois semaines, on le citait parmi les bons herscheurs de la fosse ». Il entre finalement dans l'équipe de Maheu, grâce à l'emploi de haveur qu'on lui propose ensuite.
L’acteur de la révolution
Il se lance à corps perdu dans l'action révolutionnaire, révolté par la misère et la résignation de ses camarades. L'emportant sur les autres mineurs par son intelligence, son courage et sa personnalité, il devient leur chef.
L'évolution du personnage est assez "spectaculaire". En effet, tout d'abord marxiste et pour la violence, il est passé au rejet de la violence et au collectivisme socialiste. C'est d'ailleurs pour le collectivisme qu'il part à Paris (pour être un homme politique). Etienne doute de lui-même. Il éprouve une sensible souffrance pour ses camarades mineurs, lors des quinze jours de grève, mais sa vanité, son goût pour le pouvoir et son ambition ("il montait d'un échelon, il entrait dans cette bourgeoisie exécrée, avec des satisfactions d'intelligence et de bien-être qu'il ne s'avouait pas") lui font vite retrouver sa combativité.
Conclusion : le héros d’un roman d’apprentissage ?
L'aventure de ce personnage est une formation personnelle : il apprend un métier, il découvre la passion, il se forme comme un militant ouvrier et symbolise la prise de conscience de toute une classe, la classe ouvrière. Il fait de Germinal un roman d'apprentissage.

9.      Comment expliquez-vous le choix du titre Germinal pour ce roman ? / 2
Vous rédigerez votre réponse dans un paragraphe argumenté.
Avant Germinal, Zola avait pensé à d’autres titres. Ainsi il a  hésité avec « La Lézarde » qui fait penser à l'idée de « fissure », mais encore à « Table Rase » qui renvoie au fait de tout détruire et de tout nettoyer, à « Le feu souterrain », « Le feu qui couve » et enfin « Moisson rouge ». Toutes ces idées de titre indiquent l’idée d’un début plutôt négatif, l’idée de destruction, de violence.


Zola se décide enfin pour Germinal : un titre d’un seul et unique mot, énigmatique, au sens fort
Ø  il contient le mot « mine » ce qui correspond évidemment bien à l’ensemble du livre étant donné que ce livre se déroule la plupart du temps dans les mines.
Ce titre fait aussi référence à la révolution et au printemps (germe), ainsi au début du livre le paysage est plutôt négatif, froid, monotone et noir,  il fait penser à la mort. Il laisse place à la fin au printemps, aux bourgeons, comme une sorte de renaissance, de Germination, terme qui apparaît dans la dernière phrase du roman. NB : Germinal est un mois du calendrier républicain ; il correspond au début du printemps et à la renaissance de la nature.
Camus, Les Justes                                                                                                                  (/ 5 points)
10.     Comment comprenez-vous le titre de la pièce de Camus : Les Justes ?
Organisez votre réponse dans un paragraphe argumenté (/2)
Le titre de cette pièce de théâtre Les Justes a suscité de nombreuses réflexions et peut paraître paradoxal.
Le terme « juste » peut désigner d’après la définition du Petit Larousse «quelqu’un qui se conforme à l’équité, en respectant les règles de la morale ou de la religion» mais ceux qui se désignent comme tels dans la pièce (le groupe de révolutionnaires socialistes Annenkov, Dora, Stepan, Voinov, Kaliayev) répondent-ils à  cette définition ? L’assassinat du grand-duc est-il un acte de justice ? Les révolutionnaires le pensent car ils agissent au nom de la liberté et pour le bien du plus grand nombre.

11.     Résumez l’intrigue de l’œuvre en une dizaine de lignes. Vous aurez soin de rappeler le cadre spatiotemporel, les personnages et leur rôle dans l’intrigue. (/3)
Un matin, dans l’appartement qu’ils occupent ensemble, se réunissent cinq terroristes qui achèvent de mettre au point un attentat pour assassiner le Grand Duc : Dora Doulebov et Boris Annenkov sont d’abord rejoints par Stepan Fedorov puis par Alexis Voinov, qui a été chargé de reconnaître le parcours et de lancer la deuxième bombe, et par Ivan Kaliayev, qui a pour mission d’envoyer la première. Mais le lendemain soir, ce dernier avoue ne pas avoir agi, car il y avait deux enfants innocents dans la calèche du Grand-Duc. Après une dispute, ils remettent au lendemain l’exécution de l’attentat. Enfin, Alexis se fait remplacer par Boris pour accomplir sa mission et leur projet commun aboutit.
     L’action se déroule ensuite dans la cellule de Kaliayev qui a été arrêté. Après avoir discuté avec Foka, un prisonnier qui a accepté de faire office de bourreau pour voir sa peine écourtée, il refuse de livrer ses camarades à Souratov, le directeur du département de police, en échange de sa grâce. Après quoi, il reçoit la visite de la Grande-Duchesse qui l’appelle au repentir.
     Une semaine plus tard, dans un autre appartement, les terroristes se demandent si, oui ou non, leur ami les a trahis et s’est repenti ; mais ils apprennent sa pendaison. Dora se fait raconter tous les détails sur les derniers moments de son amant ; elle veut se persuader qu’il a marché heureux vers la potence. Puis elle obtient le droit d’exécuter le prochain attentat.